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Economie

Les pays les plus corrompus d’Afrique en 2022, selon Transparency

L’ONG allemande Transparency a livré son classement annuel de la corruption dans le monde. En Afrique, ce fléau reste endémique et entrave l’essor économique du continent. Dans ce classement, seulement trois pays africains figurent parmi les 50 pays les moins corrompus au monde, alors que cinq Etats africains font partie des dix pays les plus corrompus de la planète.

Selon Transparency, «la paix mondiale se détériore depuis 15 ans. La corruption en a été à la fois une cause et un résultat. La corruption sape la capacité des gouvernements à protéger les personnes et érode la confiance du public, provoquant des menaces de sécurité de plus en plus difficiles à contrôler. D’un autre côté, les conflits créent des opportunités de corruption et sapent les efforts des gouvernements à y mettre un terme».

CORRUPTION, CONFLIT ET SÉCURITÉ

Des niveaux élevés de corruption laissent les États exsangues, sans ressources ni soutien public, incapables de prévenir les conflits, alors que les populations du continent se démènent encore pour enrayer les effets de la pandémie et affronter l’augmentation du coût de la vie. Or la violence et l’instabilité qui gangrènent de nombreux pays de la région qu’elles résultent de coups d’État militaires, de l’extrémisme, de la terreur ou de la criminalité  alimentent davantage la corruption.

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Dans la région du Sahel, par exemple, la violence incessante alimente l’instabilité et favorise la corruption. Les groupes terroristes ont gagné du terrain, en partie en exploitant le mécontentement des citoyens vis-à-vis des gouvernements, et en dénonçant des faits de corruption. Le conflit qui perdure est à l’origine de plusieurs coups d’État, dont deux au Burkina Faso (42) rien que cette année et un au Mali (28) l’an dernier. La mainmise autoritaire des forces militaires fait que la corruption a toute la place pour s’installer.

Après des décennies d’hostilités sur son territoire, le Soudan du Sud (13) est plongé aujourd’hui dans une crise humanitaire majeure, plus de la moitié de la population étant confrontée à une très grave crise alimentaire et la corruption ne fait qu’exacerber la situation. Un rapport de l’organisation d’investigation The Sentry de l’année dernière a révélé qu’une fraude massive, ourdie par un réseau de politiciens corrompus et entretenant des relations avec la famille du Président, avait permis de détourner des fonds destinés à l’aide alimentaire, et à l’acquisition de médicaments et de carburant.

Les groupes armés illégaux continuent de sévir et de répandre la violence en République démocratique du Congo (20). La corruption parmi les fonctionnaires permet à ces groupes pour s’approprier les ressources naturelles du pays, financer leur brutalité, privant les autorités gouvernementales de moyens et la population de biens de première nécessité.

La Somalie (12) reste au bas du classement de l’IPC et continue d’être l’une des nations les moins pacifiques du monde. Depuis une trentaine d’années, la violence et l’instabilité déciment ce pays, laissant de nombreux Somaliens dans des conditions humanitaires pressantes. La corruption est endémique, mais les responsables publics ne semblent toujours pas vouloir se saisir du problème. Le Président nouvellement élu, Hassan Sheikh Mohamud, a même dissout deux organismes clés de lutte contre la corruption en octobre dernier.

Transparency International appelle les gouvernements à accorder la priorité aux engagements de lutte contre la corruption, en renforçant les équilibres des pouvoirs, en garantissant le droit à l’information et en limitant les influences privées, afin d’aider le monde à se libérer de la corruption et de la violence que celle-ci entraîne.

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